Championnat du Monde d’Ironman, Kona 2017

 

Un championnat du monde, une course, un Ironman, un mythe… Le 14 octobre 2017 j’ai pris le départ de mon 2ème Ironman et de mon 1er Championnat du Monde d’Ironman à Kailua Kona (Hawaï). Mais rien de tout ça n’aurait été possible sans vous alors je vais commencer ce récit par la fin en vous remerciant du fond du cœur de m’avoir permis de vivre cette aventure unique, le rêve de nombreux triathlètes…

Arnaud Elfie, ma compagne, toujours présente même quand après 10 mois de préparation pour mon 1er Ironman (Bolton) il faut encore remettre ça pour 2 mois et demi et préparer le 2ème et pas n’importe lequel, KONA ! Une préparation de dingue pour une compétition et un voyage incroyable. C’est parti pour deux mois de folie où il faut trouver des solutions pour financer cet énorme projet (dossier de sponsoring, communication, réseaux sociaux, presse…), s’adapter à notre nouveau statut professionnel qui vient de changer (libéral), et se préparer physiquement et mentalement pour moi à affronter Kona. C’est simple je n’ai pas assez d’heures dans la journée, nuit comprise, pour gérer les 3 combats alors je ne peux qu’une nouvelle fois te remercier d’avoir géré tout le reste jusqu’à mes papiers professionnels. Merci doudou je t’aime <3.

 

Chargy Adrien, vous avez dit communication, recherche de sponsors et financement, soutien sans faille où quand ton cousin devient carrément ton chargé de communication dans ce projet faramineux. Création d’un site internet, page Facebook, Emails aux entreprises… des heures et des heures passées sur l’ordinateur. Une aide précieuse sans compter tes encouragements quand j’étais épuisé par les entraînements et tout le reste. J’ai de la chance d’avoir un cousin comme toi et je suis fier d’avoir partagé toute cette aventure avec toi. Tu le sais, on en a parlé, en plus d’avoir été très touché par tout ton investissement, nos relations ont changé. Toute cette aventure nous a encore plus rapproché et j’en suis super heureux. Un IMMENSE MERCI cousin, j’ai tellement hâte de te voir gros bisous.

Meillant Renaud, mon coach, merci de m’avoir entraîné toute cette année. Tu as su me faire progresser dans les 3 disciplines techniquement et physiquement. Tu m’as également fait progresser mentalement. Je suis bien plus fort qu’il y a 12 mois et c’est en grande partie grâce à toi. J’espère que ce n’est pas fini car j’aimerai continuer de progresser… Certaines semaines et certains entraînements ont été très durs pour moi. J’ai souvent douté, craqué avec la fatigue mais tu as toujours été à l’écoute et je t’en remercie. Même si ton vélo CLM m’a joué quelques tours avant le départ, puis une fois sur place, c’était top de pouvoir utiliser un vélo de chrono sur une course comme Kona. Comme tu me l’avais dit, il faut aussi jouer le jeu de Kona et grâce à toi j’ai pu le faire. J’aurais aimé casser les 10h aussi pour toi sur ce 1er Championnat du Monde d’Ironman et pour mon 2ème Ironman mais ce n’est que partie remise ;).

Duflos Fabien, on s’est rencontrés en septembre 2015 lorsque tu as réalisé ce magnifique reportage « EXILÉS » en suivant tous les français sur les Championnats du Monde de Swimrun (Ötillö Race) en Suède. Je suis tellement reconnaissant et je te remercie d’avoir pris part à mon projet. Ce que tu partages et transmets aux travers des images et des montages que tu réalises est magnifique et authentique. Merci pour les vidéos que tu as fait sur ma préparation. Au-delà de tous ces souvenirs que tu as immortalisé, j’ai été très content de passer du temps avec toi mais également avec ta famille. Vous êtes tous les 5 absolument géniaux, une famille parfaite on vous fait plein de gros bisous avec Elfie et on a hâte de vous revoir !

Papa, Maman, Théo, fidèles à vous-même et comme dans toutes nos aventures sportives vous nous avez encore suivi et aidé. Merci pour tous les dossiers envoyés, merci pour votre aide et surtout merci pour les encouragements.
Papa j’ai beaucoup pensé à toi forcément car j’espérais que cette aventure soit la tienne toute cette année. On ne peut pas dire que tu ne le méritais pas, mais le sort en a décidé autrement… Cependant, je ne suis pas inquiet pour toi car tu as la chance d’être de plus en plus fort en vieillissant, un peu comme le bon vin ;). J’ai hâte de te voir pour tout te raconter et vous donner tous les bons plans pour l’année prochaine 😉.

La famille Ralite et Chouchou, discrète mais toujours présente, merci pour tous vos messages d’encouragements. La famille est toujours très importante pour un sportif quel que soit son niveau ou ses objectifs. Vous me permettez de garder les pieds sur terre dans les bons comme dans les mauvais moments et vous me pousser à ne jamais rien lâcher à l’entraînement comme en compétition merci pour tout 😘. Merci également à ma belle famille (Danièle, Jérome et Odin) pour vos encouragements. Jeanne et Seb vous avez été extra, merci pour tous vos messages et faites un gros bisou à ma filleule que j’ai hâte de revoir vite vite vite.

Les Texier, toujours à fond derrière nous pour nous encourager et nous soutenir dans tous nos projets sportifs. Merci !
Vous êtes géniaux ont hâte de venir vous voir en Bretagne pour vous raconter notre voyage et aussi prendre l’apéro :).

Le TSF… Pascal (on commence toujours par le président 😂😂) Olivier, Valérie, les Liger, les Bourdillat, Nicolas, Lucas, Gégé, Alain, Jean-Marie, Maxime, Romu… Vous êtes tellement nombreux et tellement incroyables. Un club de fou, passionnés et toujours là pour nous encourager et nous soutenir. J’ai énormément pensé à vous car c’est avec vous que j’ai commencé le triathlon. J’ai appris à rouler avec vous et encore une fois vous étiez tous à fond avec moi sur ce Championnat du monde d’Ironman alors MERCI.

Le NST, ma première licence de triathlon (2015/2016) et donc officiellement mon premier club. Des triathlètes absolument géniaux, on ne regrette vraiment pas notre premier choix J. Vous avez encore été nombreux à m’encourager et à me féliciter Merci ! J’ai très envie de vous revoir vite à bientôt.

L’ASCE Triathlon, mon club durant cette grosse saison de triathlon 2016/2017. Merci pour vos encouragements, mention spéciale aux jeunes 😉. J’ai été très content et fière de porter les couleurs turquoises et noires de l’ASCE triathlon toute cette année.

La Team Oloron, mon nouveau club de triathlon. Tout d’abord merci pour votre accueil et merci pour tous vos messages, encouragements et félicitations, je suis très touché et j’ai maintenant hâte de partager des entraînements, compétitions et autres bons moments avec vous pour mieux vous connaître. On a loupé l’AG du club mais on organisera un petit apéro à Lucq pour ceux qui veulent 😉 à très vite.

Les Amis, Remrem, Samy, Jordan, JC, Jojo, Steph, Marylise, Charlie et Morgan, Ul’team (Camille et Julien), les chouchous (Amélie et Seb), Nicolas F, Amandine, Laurent V, Vincent, Jean-Pierre H, Yves Le N, Chris AN, Johan, Romain, Catherine T… Merci à vous tous, j’ai reçu tellement d’encouragements et de félicitations de votre part que vous étiez presque avec moi à Hawaï sur cette course de fou ! En réalité vous étiez tous à un moment donné dans ma tête pour me faire sourire ou tenir bon et comme il m’a fallu 10h pour terminer je vous remercie d’être aussi nombreux 😂😂😉😉.

Merci également à mes partenaires, Beautysané, Huub France, Le marathonien, Caro Allsport Vision. Votre soutien m’a permis de vivre une expérience sportive unique et j’ai été fier de vous représenter sur ces Championnats du Monde d’Ironman 2017.


Enfin, merci à la Team Solidaires en Peloton et à l’ARSEP pour vos encouragements. J’étais très fier de vous représenter et de porter haut vos couleurs sur ces Championnats du Monde. 
Je tenais vraiment à commencer par tous vous remercier car encore une fois, sans vous tous, rien de tout ce que j’ai vécu à Hawaï n’aurait été possible.  Je remercie également Lou pour ces encouragements et la force supplémentaire qu’elle a pu me donner pendant cette course.

Maintenant vous voulez peut être savoir comment ça s’est passé ???

C’était magique !!!

 

Arrivée le dimanche soir tard, 5 jours avant la course. Je m’étais préparé à la chaleur à l’humidité, à beaucoup de choses que j’avais lu et dont on m’avait parlé sur cette course mythique mais j’ai vraiment sous-estimé le voyage. Un cauchemar, 36h au total dont une escale de 12h en pleine nuit dans l’aéroport de Londres, puis une escale de 6h à Seattle et un dernier vol de 6h20’ interminable. Je suis arrivé complètement épuisé et déphasé.

Puis le Lundi, en montant le vélo pour m’assurer que tout allait bien, je me suis aperçu que la patte de dérailleur était complètement tordue. J’avais pourtant pris soin de démonter le dérailleur. Le vélo est à mon coach, il me l’a prêté pour Kona, c’est un CLM Kuota qui doit avoir 10 ou 15 ans et aucun stand ou magasin de vélo n’a de patte de dérailleur qui correspond au cadre. Il faudra deux réparations pour que jeudi mon vélo soit opérationnel pour la course, et je remercie Ceepo et Maxime H qui nous a mis en relation. Cela a permis de trouver une solution.

Ce qui m’a le plus surpris pendant ce premier jour , et qui m’a même un peu stressé, je dois le reconnaître, ce sont tous ces athlètes qui courraient et qui roulaient à des vitesses folles sur Ali’i drive et la Queen K. Kona c’est une ambiance unique, stressante avant la course, magique et inoubliable pendant puis tout s’arrête juste après. Les jours avant la course je me suis bien reposé et acclimaté. J’ai réalisé 2 footings dont 1 avec un petit fractionné court. 2 petites natations pour prendre mes marques (courant, température de l’eau) sur le site de course. 2 sorties vélo, une pour reconnaître une partie difficile du parcours, l’autre très courte pour tester la deuxième réparation du vélo avant la course. En début de semaine, je réalise mes entraînements au moment le plus chaud de la journée pour m’acclimater. Puis en approchant de la course, je me suis entraîné le matin pour limiter une déshydratation trop importante qui serait néfaste juste avant la course.

Mes nuits de l’avant-veille et de la veille ont été parfaitement normales (environ 7/8h de sommeil) ce qui m’a permis d’être dans de bonnes conditions le matin de la course.

Samedi matin 3h, c’est parti pour une longue et belle journée. Je suis stressé bien entendu mais un stress positif, je suis prêt au combat, prêt à tout donner et j’avais à cœur de réaliser une belle performance car ici je sens qu’Anything is possible ! (j’espérais un sub 10, entre 9h40 au mieux et 9h59 au plus). Un bon petit dèj, toujours le même, Energy diet flocon d’avoine, 4 tartines et quelques corn flakes. La boisson d’attente et une ou deux barres avant la natation me permettrons de continuer à m’alimenter jusqu’au top départ.

4h30, arrivée au parc, je me fais tatouer puis peser. Oui, incroyable, tout un parcours avant de pouvoir entrer dans le parc. Tout est parfaitement organisé, il y a des centaines de bénévoles tous hyper gentils et contents d’être là c’est top !

Après avoir gonflé mon vélo et tout vérifié, passage des vitesses, pression des pneus, mise en place du ravitaillement et bidons etc… Je réalise d’un coup l’ampleur de l’évènement, c’est comme si à ce moment (10’ avant le départ des pros et 45’ avant notre départ) le mythe Kona m’a envahi, l’hymne Américaine m’a donné des frissons. Puis j’ai ressenti simultanément de l’appréhension, de la joie, du stress, de l’envie, un mélange d’émotion bien plus important qu’à Bolton alors que c’était mon premier IM.

6h35, le coup de canon qui donne le top départ aux pros m’a mis une décharge d’adrénaline qui m’a remis dans une

 

concentration pré-course. J’ai surtout pensé aux conseils précieux qu’on m’a donné et à ma stratégie de course mise en place avec mon entraîneur. Kona est une course très particulière avec beaucoup de pièges et l’erreur peut rapidement être synonyme d’abandon.

Une fois dans l’eau et placé aux avant-postes 8 min avant le départ, je repense à toutes les personnes qui m’ont aidé et soutenu toute cette année et je vous remercie, car vous m’avez donné une motivation et des forces supplémentaires juste avant le top départ de mes premiers Championnats du Monde d’Ironman.

 

7h05, TOP DEPART, il faut partir vite pour essayer de s’extirper de la machine à laver. Oui sauf qu’ici c’est Kona et que mon point fort, ma vitesse et ma glisse en natation n’ont aucun impact ici. Je suis dans un groupe de 100, peut-être 200, et je prends des coups dans la tronche. Mais on me l’avait dit et on ne m’avait pas menti. Alors je bagarre et je pense à mes 2 années de water-polo. Je pense à toute les « branlées » que j’ai prises dans les gros rouleaux bien plus puissants qu’une centaine de triathlètes à Hourtin avec les copains sauveteurs. 1000m, 1500m je relance tout en gérant mon effort mais impossible de faire réellement la différence.

Je finis par prendre le temps d’observer et je m’aperçois qu’on est tous pareils, on prend la corde en visant pile la bouée alors que 5m plus à gauche c’est bien plus calme. Je sors du paquet, je peux enfin placer ma nage et ça fait toute la différence. Je dépose le paquet de nageurs avec qui je me bagarrais depuis 1500m pour aller chercher le pack devant et me caler dans la bonne vague. Finalement 3 bons nageurs me voient partir et me suivent on finira à 4 en remontant pas mal de triathlètes sur la seconde partie du parcours natation. Au total, une bonne natation en 53’ (je m’étais fixé 54’ maximum), une transition correcte en moins de 4’.

Puis un départ vélo rythmé pour éviter de me faire reprendre trop rapidement et d’être embêté par les packs de triathlètes qui sont sortis de l’eau ensemble et qui mettent souvent 60km voir plus pour s’étirer et ne plus être en paquet. Je pense que les triathlètes à Kona ne draftent pas pour tricher, le niveau est tellement homogène ici qu’il est très difficile de faire la différence sur son adversaire que ce soit en natation ou à vélo. La course à pied est quant à elle une autre épreuve dans l’épreuve ici.

Je réalise les 30 premiers kilomètres en respectant bien les distances, pas de drafting puis les choses se sont compliquées. On est de plus en plus nombreux à rouler côte à côte, ça double dans tous les sens, on a le vent favorable et ça roule à plus de 40/42 parfois même 45km/h. Je fais la différence sur la plupart des triathlètes lorsque ça monte légèrement. Je retrouve 3 Français Maxime Picault, Pierre Gaspariau et Antoine Mechin. On rigole un peu de cette situation car c’est impossible de faire la différence avec un vent favorable. Finalement je vois Pierre et Maxime qui arrivent un peu à sortir de ce pack avec lequel on bataille depuis 30km. Ils sont à 100m devant j’essaie à mon tour de faire l’effort et de remonter le pack pour m’échapper mais à ce moment-là un des triathlètes de la ligne s’est décalé juste devant moi pour remonter également cette file. J’aurais dû couper mon effort, le laisser remonter, puis le faire à mon tour après. Seulement j’étais lancé, je n’ai pas coupé l’effort et je me suis retrouvé vraiment dans sa roue pendant 2 minutes, le temps de doubler. Je ne pouvais pas plus me décaler non plus car sinon je ne respectais plus le code de la route. Malheureusement le Marshal était juste derrière et j’ai pris mon premier carton en triathlon. Un joli Blue Card, synonyme de 5’ de pénalité, il me coutera mon premier sub 10. C’est une erreur de débutant et le carton est mérité.

Pour les 120km restant en vélo, je n’ai pas pris le moindre risque et je suis toujours resté à 12m en me relevant bien à chaque fois qu’un triathlète ou plusieurs me doublaient. Le retour à vélo est très épuisant, vent ¾ face en continu pour les 60 derniers kilomètres, mais comme convenu avec mon entraîneur,  je devais revenir au parc à vélo en légère force et surtout bien préparer mon marathon. Bien boire, bien manger, s’asperger pour arriver « frais »  pour faire un gros marathon. Je pose le vélo en 5h18’ je crois,  avec la pénalité comprise (j’espérais un 5h20’). Donc c’est super !

Je pars avec de très bonnes sensations en course à pied, et motivé comme jamais pour aller chercher mon premier sub 10 sur Ironman à Kona J.

Je pars moins vite qu’à Bolton pour ne surtout pas me cramer dans le premier semi, surtout que je sais qu’il va faire très chaud et que le dénivelé commence au 15ème kilomètre. Je reste à 4’35’’/kilo mon objectif étant de réaliser 3h20’ sur marathon. Tout va bien, il fait très chaud environ 34 degrés ressentis presque 40 avec les 77% d’humidité. Juste l’horreur mais je gère, je prends les éponges, la glace et je m’arrose d’eau gelée pour me refroidir.

Ce qui m’a le plus surpris sur cette course, c’est ce qui va se passer du 12ème kilomètre jusqu’au 30ème kilomètre du marathon. Je m’y étais pourtant préparé en courant de longues distances en plein cagnard dans ma nouvelle région, les Pyrénées Atlantiques. Mais à Kona, le soleil est bien plus puissant, je m’aperçois que mes bras sont brûlés, une chaleur oppressante m’envahie, je réduis tout de suite l’allure à 5 puis 5’30’’/km et je m’arrête tous les 1,8km à chaque ravitaillement pour mettre de la glace, des éponges dans mon cuissard sur les cuisses, sous ma casquette, dans mon singlet dans mes mains. Je finis même par mettre ma tête dans les énormes poubelles pleines d’eau et de glace. Rien à faire, tout mon corps est en surchauffe, ma vue est trouble, j’enlève mes lunettes en pensant que cela vient des gouttes d’eau qui stagnent sur mes verres mais rien ne change… Je suis en train de faire un coup de chaud, je vois flou, je ne cours plus droit et à ce moment-là j’ai très peur de tomber et de ne pas pouvoir me relever ou que le staff médical m’aide, ce qui est synonyme d’abandon. Je cherche des solutions, non plus pour maintenir une allure ou aller chercher un chrono mais simplement pour ne pas faire un malaise et tomber par terre. Je cherche une solution pour aller au bout car mes jambes me le permettent encore. Cette chaleur m’oppresse tellement que je finis même par manger de la glace, mais heureusement il me reste un peu de lucidité pour vite arrêter avant que mon ventre me le fasse payer. Je pense que cette surchauffe n’est pas seulement due à la chaleur sur le marathon, mais aussi aux coups de soleil que j’ai pris sur le vélo. Finalement partir avec des manchettes très fines et une combinaison au lieu d’un maillot de vélo m’aurait mieux protégé la peau et aurait diminué ce phénomène de surchauffe…

Comme je ne vois plus très bien, j’ai aussi très peur de ne pas voir Elfie qui m’attend au 16ème kilomètre pour m’encourager. Ses mot sont simples : « accroche toi, c’est dur mais il y a du monde pour toi, il y a énormément de monde derrière toi alors tu t’accroches ! ». Les 5 kilomètres d’après sur la Queen K sont un combat pour ne surtout pas tomber. Je me concentre sur chaque flamme Orange, correspondant aux ravitaillements, qu’on voit au loin tous les 1.8km en moyenne. Des objectifs d’1.8km pour tenir !

Cette chaleur et cette humidité est hors-norme, un calvaire. Les éponges sont chaudes en 300m, la glace que je me mets partout fond en moins de 500m. En 700 / 800m, je suis de nouveau asphyxié. Je décide alors de prendre et de garder sur moi une petite bouteille d’eau que j’ai trouvé par terre sur le parcours vélo sur lequel on repasse en cap et une énorme éponge que je remplis d’eau glacée à chaque ravitaillement pour me verser toutes les 30 sec de l’eau fraiche sur moi et tenir jusqu’au ravitaillement d’après. Une solution gagnante puisqu’au 30ème kilomètre, je me sens moins oppressé et j’essaie d’accélérer pour recourir aux alentours des 5’/km. Les 12 derniers kilomètres sont avec un léger vent de face qui fait un bien fou, puisque je respire à nouveau. J’ai chaud mais c’est bon, j’ai perdu 1 ou 2 degrés et je peux de nouveau courir correctement puisque je mets moins d’une heure pour faire les 12 derniers kilomètresJ.

J’arrive dans le dernier kilomètre, mythique, une ambiance incroyable alors je savoure et je cherche Elfie pour un petit bisou avant de passer la finish line. Ce passage sous cette magnifique arche avec toutes ces fleurs et un public absolument incroyable est un moment d’émotion difficilement descriptible. C’est très intense et ça paralyse presque, je crois que j’ai ressenti un énorme soulagement d’avoir fini car j’ai eu très peur sur le marathon. Le soulagement aussi d’une saison magnifique mais difficile qui s’achève. L’aboutissement de plusieurs heures de travail, et une magnifique récompense à la hauteur des sacrifices et de l’investissement fournis pendant les 12 derniers mois. C’est un immense mélange de fierté, de joie, mais aussi de reconnaissance envers toutes les personnes qui m’ont aidé et soutenu toute au long de l’année…

Après la course, j’avais très chaud et j’étais déshydraté malgré tout ce que j’avais pu boire. J’ai pris ma serviette finisher que j’ai trempé dans une bassine de glace puis je l’ai mise autour de mes épaules. Je me suis réhydraté, puis ça aller mieux mais j’étais très fatigué bien plus qu’après Bolton, je me suis même assoupi un petit moment dans l’herbe. J’ai aussi beaucoup mangé, l’équivalent de deux repas je pense.

J’ai découvert toutes les publications d’Elfie et d’Adrien ainsi que tous vos commentaires et messages d’encouragements le lendemain matin c’était vraiment super émouvant de revivre ma course au travers de toutes ces publications et de tous vos commentaires. J’ai été très touché par le nombre de personnes qui ont veillé tard pour m’encourager. J’ai un entourage absolument extraordinaire, j’ai beaucoup de chance. Je découvre également toutes les traces qu’a laissé la course sur mon corps. Je n’ai pas d’énormes courbatures mais par contre je suis brûlé vraiment brûlé puisque mon bas du dos et tous mes avants bras sont cloqués. J’ai aussi d’importantes irritations dans le cou et sur le pectoral gauche. Ma peau fait mal mais rien qui m’empêche de profiter ;).

Le programme des 5 derniers jours post course a été simple, profiter à fond de l’Île avec Elfie. Je me reposerai après, car Hawaï c’est aussi de magnifiques vacances pour nous deux. Du coup on est partis nager avec les tortues et les Dauphins à Kealakekua Bay, Rando à South Point pour voir la Green sand beach, Volcano pour le Volcan en éruption, surf à Kahaluu bay et notre premier 4000 à Mauna Kea (sommet à 4205m d’altitude) sans compter les plages magnifiques.

Kona c’est aussi de belles rencontres avec des français, des étrangers, des professionnels. J’ai eu la chance d’échanger avec de nombreux français, Maxime Picault (8ème 25/29), Antoine Méchin (1er 25/29 et 4ème amateur !), Sebastien Escola que j’avais déjà rencontré à Bolton, Pierre Moulierac et Nicolas avec qui j’ai eu plaisir à partager quelques excursions post compétition. J’ai eu la chance également d’échanger quelques mots avec Jeanne Collonge que je félicite encore une fois pour son courage. Beaucoup de femmes dans la même situation n’auraient pas pris le départ d’une telle course dans des conditions aussi extrêmes, chapeau madame.

Je ne sais pas si je retournerai un jour à Hawaii mais si je devais y retourner pour les Championnats du Monde d’Ironman, je ne prendrai le slot uniquement que si je fais un podium et je viendrai ici non plus pour apprendre et découvrir mais pour performer avec comme objectif un top 5 voir un podium dans ma catégorie. A méditer en fonction des projets personnels, professionnels et des autres projets sportifs parce qu’on  ne peut pas tout faire et j’aime découvrir, me lancer de nouveaux défis et bien entendu toujours donner le meilleur de moi-même et performer lorsque j’en suis capable !

A bientôt.

Tom Ralite Triathlète.