Championnats du Monde de Swimrun 2015

Les Championnats du Monde de Swimrun 2015, l’Ötillö Race, lundi 7 septembre 2015 le 10ème départ de cette course mythique est donné à 6h du matin. 75km dont 10km de Natation dans une mer baltique froide et déchainé. Après 11h58 d’effort le team belove (Ralite Tom / Arnaud Elfie) est finisher d’une des courses les plus difficiles au monde.

Nouvelle expérience Swimrun…

Nous sommes le 5 septembre et grâce à nos 70 sponsoriseurs nous avons eu la possibilité de partir en Suède en direction de Sandham pour vivre un événement sportif inoubliable, les Championnats du Monde de Swimrun.

Nous avons la chance de ne pas partir tout seul dans cette incroyable aventure. En effet nous sommes accompagnés par Michel, Sophie et Théo Ralite qui ont pris un Pack famille afin de nous suivre en bateau tout au long de la course. C’était super de pouvoir apercevoir des visages familiers pendant cette course de folie. Merci à vous trois pour vos encouragements, vous êtes géniaux et de supers soutiens !!! ;-).

Nous arrivons donc le 6 septembre aux alentours de 13h sur L’île de Sandham et nous sommes accueillis chaleureusement par Matts et Michael qui sont les fondateurs de ce sport extrême. Ici nous sommes chez eux, dans le berceau du Swimrun, l’atmosphère est incroyable, on a l’impression d’appartenir encore un peu plus à cette grande famille… LA FAMILLE SWIMRUNNERS !!!

On récupère nos dossards, on fait vérifier le matériel obligatoire (boussole, carte étanche de la course, pansement compressif, sifflet, couverture de survie).

Il est déjà 17h, l’heure du briefing de la course. La pression monte encore d’un cran. 120 binômes, donc 240 swimrunners qui sont là pour en découdre… C’est les 10 ans de l’ötillö race et lors de ce briefing on voit quelques vidéos des années précédentes. On savait que cette course était difficile en partant mais en regardant les images on en prend encore un plus conscience… On nous annonce pour cette année des conditions extrêmes, un vent de 30 km/h toute la journée, une température de l’air entre 16 et 18 degrés, la température de l’eau est entre 12 et 14 degrés et il y aura des vagues entre 80 cm et 1m !!! Rien de tout ça n’est rassurant…

Tom:

En sortant du briefing je sais que ça va être dur mais je ne suis pas inquiet, on s’est beaucoup entraînés avec Elfie et on est prêts. J’ai envie de prendre le départ et d’en découdre, mes jambes et mes bras fourmillent j’ai soif d’effort…

 

Elfie :

Bizarrement, je ne stressais pas trop avant le départ en Suède ni même avant le brief alors que d’habitude je dors mal quelques nuits avant, je me sens tendue etc… Mais à l’instant où nous sommes entrés dans la salle, j’avoue, que lorsque j’ai vu  tous les swimrunners assis par terre alors là, à ce moment là précisément, j’ai vraiment pris conscience que ça y est, on était bel et bien en suède pour prendre le départ d’une course mythique. Silence de plomb à l’entame du discours de Matt et Michael,  cascade d’applaudissements lors de la présentation de certains swimrunners, notamment pour un suédois qui lui fera son dixième Ötillö Race le lendemain, respect monsieur le viking…

On a ensuite pu visionner des images des 10 derniers championnats du monde. A cet instant j’ai eu une boule au ventre. Voir les athlètes lors des sorties et entrées d’eau sur les rochers glissants et les voir sauter de cailloux en cailloux alors là ça m’a un peu angoissé. Mais tom était là à côté et il a réussi à m’apaiser,  ouf !!

A la sortie de la réunion  ça allait mieux. Petit repas pasta le soir, et hop au dodo car demain  va être une longue journée riche en émotions…

 

Tom:

Lundi 7 septembre 4h du matin ! Contrairement à l’Engadin j’ai super bien dormi et j’ai même du mal à me réveiller. Petit déjeuner je n’ai pas très faim mais il faut manger la course va être longue. On s’équipe tout les deux dans la chambre d’hôtel en pensant à chaque détail. On prend le temps de bien régler tout le matériel et de se passer de la graisse entre les jambes sous les bras dans le cou, il faut retarder au maximum les irritations d’autant plus que l’eau est salée ici.

 

Elfie :

Moi aussi j’ai bien dormi. Pour une veille de course c’est rare..Et ohhhh elfie réveille toi, tu sais où tu es là ???

 

Tom:

5h35, il est temps d’aller déposer nos sacs dans le ferry pour l’arrivée à Uto. Nous sortons de l’hôtel, il fait encore très sombre, le ciel est noir, il pleut, le vent est bien au rendez-vous, les drapeaux de la ligne de départ claquent, l’atmosphère est pesante, tous les swimrunners sont concentrés, le silence règne j’entends uniquement le vent qui souffle…

Je vois mon père au loin je vais vers lui avec Elfie et on va tous les trois vers le ferry déposer nos affaires pour l’arrivée. A ce moment là, je suis déjà dans notre  course et j’entends à peine les encouragements de ma famille mais je sais qu’ils sont là. Je vais amorcer la puce pour le chronométrage et on se dirige sur la ligne de départ pour être bien placés.

L’objectif est d’être bien placé pour la première mise à l’eau qui se trouve à 1200 mètres de la ligne de départ afin d’être avec un groupe de nageurs pour la première natation, la plus longue, 1750m de nage.

 

Elfie :

Premiers pas dehors, il fait nuit et il y a du vent, beaucoup de vent. J’ai déjà mis mes gants car il fait frais ce matin. Il y a des swimrunners partout, dedans, dehors, certains restent au chaud d’autres préfèrent déjà s’adapter aux conditions extérieures. Chacun règle ses affaires avant le départ.  Avec Tom on se parle un peu, j’ai un peu peur du froid mais je ne suis pas stressée. Ce n’est pas dans mes habitudes mais tant mieux… Allez cette fois ci c’est l’heure, on s’approche de la ligne de départ et on essaie de bien se placer…

 

Tom:

5h55, le départ est lancé, ça part vite très très vite. Il faut rester dans le groupe de tête pour ne pas nager seul mais il ne faut pas tomber, les chemins sont étroits, on se place et en arrivant sur la première mise à l’eau je décide d’aller sur la gauche avec deux ou trois binômes juste devant. C’est un risque car je ne sais pas si ce sont des nageurs mais j’ai observé les premiers binômes qui se sont mis à l’eau et le courant tire sur la droite et puis je ne veux pas être enfermé dans un groupe surtout qu’on est encordés. Finalement ce petit groupe de 4 est parfait il y a de bons nageurs qui se dirigent bien je n’ai presque pas besoin de lever la tête et j’essaie de rester dans leur vague malgré le courant et la houle importante qui augmente la difficulté des portions de natation.

 

Elfie :

Top départ allez youhouuu c’est parti pour 75km. Ça part vite mais c’est normal la première portion de natation est longue et on doit bien se placer. Ah ça y est on voit la mer, ouch il y a beaucoup de houle. Tant pis on fonce. La natation est bien passée malgré la houle mais on se fait quand même bouger de tous les côtés.  La sortie d’eau est technique, il y a des rochers et ça glisse. Ça me stresse un peu  car je ne suis pas très à l’aise pour courir sur les rochers glissants, je fais attention, ça me coûte un peu d’énergie car j’essaie de me dépêcher pour suivre tom qui lui est plus à l’aise. Quelques suédois nous doublent mais dés qu’il y a des portions sur les chemins on les rattrape car je peux enfin m’exprimer et courir  « normalement »…

 

Tom:

Nous arrivons sur le premier ravito après un peu plus de 2h de course. Pour moi tout va bien j’ai les jambes et le mental, je prends énormément de plaisir malgré la difficulté de ce début de course, rochers glissant, les vagues et ce vent qui ne s’arrête pas de souffler. Il fait froid et contrairement aux autres Swimrun on n’enlève presque pas notre haut de combinaison. Les portions de course à pied sont courtes mais très techniques beaucoup de swimrunners tombent en glissant sur les rochers. Elfie n’est pas très à l’aise et commence à avoir mal sous le pied. On se perd une première fois (on se perdra deux fois mais pas longtemps heureusement la course est déjà bien assez longue comme ça :)).

On avance vite et nous sommes bien classés puisque on nous annonce 4ème mixte et 30 ème au général après presque 3h de course. Cependant je sens que Elfie n’est vraiment pas bien, je tire beaucoup en natation à cause des vagues et en course je l’a sens très essoufflée et même paniquée, je décide de ralentir le rythme et de la rassurer, pas la peine de s’emballer la course va être longue.

 

Elfie :

Quelques transitions plus tard 1er ravito qui fait du bien. Puis on repart. Je ne me sens pas très bien car je me rends compte que je n’ai pas bu d’eau depuis le début et ça fait 2h que nous sommes partis. Je suis moins lucide, ce qui me gêne car le parcours de course est technique. Du coup je m’essouffle et j’angoisse de ne pas pouvoir suivre. J’essaie de m’hydrater, on ralentit le rythme pour que je récupère un peu. Et ça marche 🙂

 

Tom:

On attaque une première longue portion de course de 8,7km on prend le temps d’enlever la combinaison, Elfie va beaucoup mieux, on est bien et on retrouve notre rythme de croisière, un super rythme puisque lorsque je jette un coup d’oeil sur la montre pour savoir ce qui nous reste en distance avant la prochaine transition, je m’aperçois qu’on cours à 12,2 km/h en combi et en discutant lol.

Je suis vraiment heureux d’être là. On se prend un peu la main, on échange beaucoup, on est tous les deux au top c’est génial. Je m’inquiète seulement de ne pas encore avoir vu mes parents qui sont sensés nous suivrent sur la course, j’espère qu’ils profitent quand même  à fond de leur journée bateau :). 500m plus loin j’aperçois mon père, trop bon ils sont là, ça nous fait du bien, ça fait presque 4h ou 5h qu’on est partis. J’essaie de manger un peu au ravito mais je commence à avoir un peu mal au ventre :-/.

 

Elfie :

Ça va mieux et on court bien. On court dans la forêt, souvent il n’y a pas de chemin donc il faut être vigilant car il n’y a pas beaucoup de rubalises. Quand on arrive sur les chemins on court mieux, on trouve notre rythme. On apprécie plus la course et ça fait du bien. Lors du ravito, quand on a vu la famille de tom, j’ai eu une petite larme mais chut…Oui je sais, j’intériorise beaucoup mais en tout cas ça a fait chaud au cœur de voir des têtes connues…

 

Tom:

On repart sur un enchaînement de petites portions techniques, puis une nouvelle longue portion de 8,3 km, on est encore bien tout y est, les Jambes, les bras et dans ma tête je suis comme fou j’ai le mental de guerrier, y a pas de doute on va aller au bout et pourquoi pas un top 10 mondial avec un super chrono…Pour l’instant nous sommes 6ème mixte.

 

Elfie :

On est trop bien tous les deux dans cette partie là et on profite vraiment de la course, les heures passent mais je ne m’en rends pas compte, je suis juste trop bien là et j’ai vraiment envie qu’on arrive au bout de ce défi fou.

 

Tom :

On continue à enchaîner les transitions et les portions techniques de course. Nous approchons de la longue portion de natation de 1400m. Il faut bien se réchauffer et c’est très compliqué avec ce vent qui nous refroidi car nous sommes toujours mouillés et oui c’est ça le Swimrun… C’est parti pour 1400m, la mer est déchaînée il y a des creux d’un mètre facile et j’ai l’impression que le flash blanc qui clignote à l’endroit où on doit sortir ne se rapproche pas…

L’eau est encore plus froide avec la fatigue qui commence à se faire sentir, et je sens le courant 3/4 face qui me fait dévié. A ce moment là, j’ai une énorme pensé à mes potes sauveteurs, en particulier Remrem et coco avec qui j’ai pris des branlés parfois dans des vagues de plus de deux mètres lorsqu’on faisait des entraînements de sauvetage le matin. J’ai repensé à cette fois aussi ou avec mon remrem on a été que deux à passer la barre tellement l’océan était déchaîné. Mais alors que ses pensées me donne de la force, je lève la tête pour vérifier que je suis bien en face du flash blanc et j’aperçois comme une tête cagoulée, je me dis ce n’est pas possible, un photographe ou une caméra Ici, en plein milieu de la portion alors qu’on est le seul binôme et que les bateaux de sécurité et médias sont loin. Je relève la tête et 5m à peine devant moi, je tombe nez à nez avec un énorme phoque !!! Oui oui un phoque, j’ai aucun doute, il nous a pas vu et il a eu peur je pense mais pas autant que moi. Je me retourne et je dis à Elfie qu’il y a un phoque juste devant. J’étais presque prêt à faire demi-tour et marcher sur l’eau lol…

Trêve de bêtise, j’ai eu peur et même si les phoques ne sont pas agressifs, je me suis dit que s’il décidait de jouer avec la corde entre Elfie et moi il pouvait nous emmener au fond de l’eau :-/.

A la sortie de cette portion de natation nous sommes gelés, il fait vraiment froid et les sorties d’eau sont de plus en plus compliquées. A cette sortie, il y a quelques personnes de l’organisation et nous avons le droit à une barre de twix trop bon !!!

 

 

Elfie :

Allez on entame une autre longue portion de natation. Avant de se mettre à l’eau on remarque qu’il y’a énormément de courant et certains swimrunners sont emportés vers la gauche. On essaie de se mettre à l’eau vers la droite mais on va tout de même déviés un peu. Il y a des vagues et le point clignotant est loin et ne semble pas vraiment s’approcher. Je commence à avoir froid, je regarde autour de moi et je ne vois rien n’y personne, ouhhh drôle de sensations…On est tout seul dans l’eau froide en pleine mer suédoise ça fait un drôle d’effet. Encore plus quand tom se retourne et m’annonce qu’on a la visite d’un phoque. Je ne veux pas trop le croire et je lui dis d’avancer car le courant continue à nous déporter sur la gauche.

Un peu plus loin, je tourne la tête et j’aperçois une grosse masse noire pas très loin de nous. Là je me dis : « tiens, c’est bizarre, ce swimrunner n’a pas mis son chasuble… ». Jusqu’au moment où je m’aperçois que c’est aussi un phoque, gloups !!! J’accélère et tape un peu dans les chaussures de tom qui je pense à compris ce que j’avais vu. Allez on essaie d’accélérer, c’est fini ces frissons là, où est la terre ferme ?? Ahhh elle arrive, oui mais bon il faut escalader un peu à la sortie, je glisse et me retrouve les fesses dans l’eau et les jambes en l’air, quelle aventure !! Est-ce qu’on peut courir maintenant ?? Il faut qu’on se réchauffe car il fait très froid et le vent ne nous aide pas.

 

Tom:

Je suis beaucoup moins bien, on approche les 7h de course et si mon mal de ventre se stabilise après avoir desserré les ceintures, se sont mes hanches qui me font souffrir comme sur le marathon de Paris où j’ai du abandonner au 33eme km. J’ai eu tellement mal que je ne pouvais plus rester debout même sans bouger, je ne supportais plus le poids de mon corps et je suis bien resté 25 min assis sur un banc dans Paris bref… Tout ça ne me rassure pas du tout surtout qu’on arrive sur la portion de course à pied de 20km.

Nous arrivons au ravitaillement juste avant la dernière natation avant le 20km, je suis vraiment mal, j’ai très mal aux hanches je vois toute ma famille je suis hyper inquiet. Il reste encore beaucoup de distance je commence à douter… Elfie gère le ravitaillement pendant que je m’étire les adducteurs ce qui me soulage mais je suis complètement ailleurs à tel point que je ne me rends pas compte qu’on est encore encordés avec Elfie et que je tire sur la corde alors qu’Elfie tente de remplir les gourdes. :-/.

Mon père (Michel) me dit alors: « Tom Tom vient de l’autre côté du chemin y a la même chose au ravitaillement » la corde était tendue en travers du chemin, personne pouvait passer hahaha. Je repars dans un sale état, j’ai froid mais je préfère encore nager ça me soulage un peu…

 

Elfie :

Tom a un coup de mou et commence à avoir mal aux hanches. Ça me fait un peu peur car je l’avais accompagné au marathon et il avait très mal. Je me dis alors que c’est à moi d’assurer maintenant et de gérer le remplissage des gourdes au ravito, de m’assurer qu’il s’hydrate et qu’il mange un peu. Il prend du temps avant de se remettre à l’eau, je lui fait un petit bisou pour lui donner un peu de courage et hop on saute du ponton pour attaquer notre énième portion de natation.

 

Tom:

Nous attaquons la longue, très longue portion de course à pied, 20km.

Mon mal de hanche se calme et mon ventre se remet à me faire mal vraiment cette fois. Ça m’énerve un peu car je sens que je ne suis pas à bout musculairement, mes jambes veulent courir, mais mon ventre lui veut que je m’arrête et que je me mette en boule. C’est terrible car à côté de moi Elfie est bien, elle aussi ne demande qu’une chose, courir, alors elle m’encourage comme elle peut…

On court doucement les 9 premiers kilomètres jusqu’au ravitaillement où je ne peux toujours rien boire ni manger mais j’essaie de prendre deux gorgées de coca… A partir de là je ne repartirais plus en courant :-(. Il reste 10km, dans ma tête c’est impossible je doute carrément et je commence à me dire que je ne finirais pas mais Elfie ne me laisse pas le choix et on marche on marche, vitesse 11min au kilo un enfer.

On se fait doubler dans tous les sens. Mentalement j’en peux plus alors j’essaie de recourir 500m plus loin même pas, je m’arrête j’ai trop mal. Puis on remarche, puis on trottine 100m, puis je m’arrête pour essayer d’évacuer ce mal de ventre! Rien à faire, rien qui sort j’en peux plus, bienvenue dans mon cauchemar…

Je pense à autre chose, à toutes les personnes qui suivent notre petit point qui à cause de moi n’avance presque plus, je pense à tous ceux qui nous on aidé, pour eux, mais surtout pour Elfie je dois serrer les dents et aller au bout.

 

Elfie :

Allez c’est parti pour la portion de 20km. J’avais hâte d’y arriver car elle se situe au ¾ de la course et j’ai vraiment froid donc je me dis que là au moins on va pouvoir se réchauffer, en plus ce n’est que des chemins et routes donc je serai plus à l’aise. Mais par contre Tom lui n’est pas bien, et même deux semaines avant la course il me disait que cette portion lui faisait peur. Je sais alors que je vais devoir prendre les choses en main, lui parler et être là pour lui pour qu’il le vive au mieux. Sauf que sa douleur au ventre empire de plus en plus.

 

Donc pour le soulager, je lui enlève sa ceinture porte bidon que j’accroche en bandoulière autour de moi. Mais rien n’y fait, la douleur augmente, il n’arrive plus à courir. Il me demande de lui parler pour lui faire oublier la douleur donc c’est ce que je fais, en vain… Je voudrais tellement le tirer avec la corde mais le moindre choc, et même le moindre pas lui fait mal… Je ne peux donc rien faire pour le soulager, c’est frustrant pour moi car j’aimerai l’aider mais il n’ya pas de solution. Je lui parle de nous, de sa famille, de tous les particuliers qui nous ont aidés à venir ici aujourd’hui, je l’encourage et le tire par la main pour ne pas qu’il s’arrête. Non, il ne faut surtout pas qu’il s’arrête sinon il ne repartira jamais. Il pense à l’abandon mais pas moi, je ne veux pas, pas tout de suite en tout cas… On abandonnera que si il ne peut plus avancer, là ce n’est pas le cas alors je tire et je l’encourage, chaque pas de plus  et un pas de moins à faire vers l’arrivée…

 

On marche plus de 9km, il me donne sa montre Garmin car voir l’allure et la distance qui nous reste avant la prochaine transition le déprime… Je regarde de temps en temps et je vois même du 12’30 au km. Je ne dis rien allez ce n’est pas grave, il faut avancer, toujours et ne rien lâcher jusqu’au bout. On se fait doubler par plein de binômes, ça fout les boules, c’est comme ça on y peut rien, mais ça plombe encore plus Tom… A un moment je craque aussi, car je commence à douter que l’on puisse terminer car sa douleur augmente encore. Alors, que je le tire par la main, j’ai les larmes aux yeux, non ce n’est pas possible il faut essayer encore… Et je me dis qu’il ne faut pas que je ne craque pas maintenant car si on est deux à lâcher c’est fini… Je lui parle et lui dit un peu plus fermement qu’on va terminer car on est fort et que je suis fière de lui mais qu’il doit encore tenir. La mise à l’eau arrive, ouf, peut-être que la natation va lui faire du bien. On prend le temps pour s’habiller car il n’est plus trop lucide, moi je me suis déjà habillée en marchant mais je pense qu’il n’a même pas remarqué. Allez hop, c’est parti on se jette à l’eau… Brrrr c’est froid !!!

 

Tom:

Nous arrivons enfin à la transition je suis plus trop lucide je prends le temps de m’équiper. Et je demande le temps à Elfie qui me répond 10h30 je crois. Je suis dégoûté si je n’avais pas eu mal au ventre on devrait presque passer la ligne… Il reste 4 petites natations et 3 petites courses à pied plus une 4ème de 3,3 km pour arriver. A ce moment, je reprends un peu confiance et je me dis que c’est possible mais il reste encore au minimum 1h15 de course.

Je nage ça me fait du bien et sur les petites portions de course je cours un peu mais j’ai mal c’est dur j’ai juste envie d’arriver.

 

 

Elfie :

Je sors de l’eau et j’ai froid, vraiment froid, les portions de natation deviennent difficiles pour moi. Je pense qu’avec la fatigue on réagit moins bien au froid, je n’ai plus envie de me mettre à l’eau mais il ne reste que des petites portions, allez il faut tenir..

 

Tom me dit que la natation lui soulage le ventre, c’est déjà ça, il se remet un petit peu à trottiner c’est super. Il n’est tout de même pas très lucide car il loupe plusieurs fois les banderoles et on doit faire demi-tour et revenir sur nos pas quelques fois. Et moi c’est pareil avec le froid, je n’arrive plus trop à regarder mais allez faut se concentrer, la fin est proche..

J’ai mal à ma cheville en courant, je me suis fait mal lors de la deuxième course en glissant sur un rocher, j’ai mal à chaque pas mais il faut tenir, et tom est là, il va mieux alors on profite des moments où il peut courir.

 

La dernière natation approche, les personnes en face nous disent de sauter..Sauf qu’on est à 1m50 au dessus de l’eau et qu’au loin elles ne voient pas qu’il y a des rochers sous nous et qu’il faudrait qu’on saute très loin. Avec la fatigue on ne le sent pas, alors on descend tranquillement pour se rapprocher de l’eau.

 

Dernière fois que je mets la tête dans l’eau, ouf je suis soulagée, je sens qu’on va y arriver et ça me rend joyeuse. En sortant de l’eau, les gens nous félicite, il nous reste 3,3km à courir mais tout le monde sait qu’on va terminer, ahhh je suis trop contente. On marche un peu pour enlever le haut de nos combis puis on essaie de trottiner un peu. Tom souffre mais il sent aussi que l’arrivée est proche.

 

On aperçoit au loin Michel et Théo, qui n’en reviennent pas… Oui oui, au ravitaillement quand on les avait vu ils pensaient qu’on ne finirai pas, et pourtant…SURPRISEJ, nous sommes là.

Il nous dit qu’il est super content, qu’il est fiers que tom ait pu continuer. Ça fait du bien de les voir là, car c’est la fin, mais aussi car c’est la famille de tom et que même si il n’en peut plus, je pense que d’entendre la voix de son papa le réconforte énormément.

Petit virage et hop on voit l’arrivée tout en haut, merci les suédois de nous mettre l’arrivée en côte grr !! Non mais franchement après tout ce temps passé, on ne sent même pas que ça monte.

Michel nous dit de profiter à fond de cet instant car au moment où la ligne sera passée la course sera vraiment finie. C’est vrai ça, alors je profite, tant mieux que ça monte d’ailleurs comme ça on savoure un peu plus… Les émotions sont là, je ressens de la joie, de la fatigue, un peu de fierté, de la nostalgie, oh oui surtout de la nostalgie…

 

Tom:

Après 11h58 d’effort, nous passons la ligne d’arrivée main dans la main. Je prends Elfie dans mes bras mais j’avoue que je n’ai pas de souvenir précis de ce que j’ai ressenti, seulement un soulagement et je pense du bonheur qui a été malheureusement atténué par ma douleur de ventre (qui a continuée pendant deux jours après la course).

Aujourd’hui, une semaine après L’ötillö Race je suis vraiment content d’avoir fini.

Cependant, je reste frustré de ne pas avoir pu courir jusqu’au bout et de ne pas avoir pu tout donner physiquement. Par contre j’ai vraiment tout donné mentalement, j’ai été au delà de mes limites…

 

Elfie :

11H58 d’effort, on se prend dans les bras, c’est fort comme moment. On va voir la famille de Tom et Michaël (le fondateur de la course) nous attend aussi pour nous faire une chaleureuse accolade. L’esprit de cette course est vraiment sympa, j’adore.

 

Nous sommes fatigués et frigorifiés, heureusement que la famille de tom était là à l’arrivée pour s’occuper de nos affaires et pour nous réchauffer. C’est un sacré soutien, pouvoir franchir la ligne et voir des têtes connues ça fait chaud au cœur et ça m’a beaucoup émue.

 

Nous sommes contents d’avoir fini cette course mythique. Cependant la frustration est quand même là et elle l’est encore plus pour tom. On avait les jambes et la tête, mais un problème intestinal nous a empêché de nous exprimer complètement. C’est frustrant c’est sûr mais ça fait partie du jeu, et malgré tout, on a quand même terminé donc je pense que tom peut être fier de lui…

 

Le swimrun c’est ça : on prend le départ mais on ne sait jamais comment l’évènement va se passer. Il faut braver le froid, le chaud, s’alimenter et s’hydrater correctement, gérer le nombre de transitions, éviter les crampes, être lucide pour regarder le balisage et regarder où est ce qu’on met les pieds pour ne pas se blesser. On est en binôme aussi donc il faut faire attention à soi mais aussi et surtout à son partenaire, s’assurer qu’il va bien, il faut gérer les coups de mou ensemble..C’est un sacré sport et le pratiquer en binôme est encore plus beau. Il y a certes des moments difficiles (blessures, mal de ventre) et il y a forcément des défaillances chez l’un et/ou chez l’autre mais la complicité du binôme et le partage entre les deux swimrunners est plus important que tout. C’est grâce à ça qu’on arrive à profiter des courses et quoi qu’il arrive à vouloir recommencer encore avec son même partenaire car chaque course est différente…

 

 

 

Tom et elfie:

Nous tenons à remercier la famille Ralite pour avoir fait le déplacement et nous avoir soutenus.

Merci à tous nos sponsoriseurs de nous avoir aidé financièrement et nous avoir permis de vivre cette inoubliable aventure sportive.

Merci à toutes les personnes qui nous ont suivies et encouragées avant et pendant la course, vous nous avez donné une force incroyable et indispensable pour ce genre de course.

 

Tom :

Je tiens tout particulièrement à remercier Elfie ma binôme et surtout ma copine que j’aime fort pour m’avoir encouragé et soutenu jusqu’au bout, sans toi je n’y serais pas arrivé alors merci.

Je suis heureux d’avoir partagé toute cette aventure avec toi, j’ai de la chance.

:). <3.

 

Elfie :

Merci à toi Tom de m’avoir fait découvrir le swimrun.  Pouvoir vivre ces moments avec toi c’est quelque chose de magique et d’unique. C’était une formidable aventure et je suis heureuse de l’avoir vécue avec toi J

 

 

Team Belove.

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