Half Ironman de Saint Jean de Luz 2017

Samedi 9 septembre, mon deuxième Half Ironman à Saint Jean de Luz. L’Urkirolak triathlon, une course de préparation dans ma préparation pour les Championnats du Monde d’Ironman. Malgré des conditions météorologiques compliquées, pluie, vent et de la houle pour la natation, je réalise une très belle course. Une natation en tête loin devant, puis un vélo à 38km/h de moyenne et enfin un 19,5 km de course à pied en 1h13’ soit 3’51’’/km. Je ne suis malheureusement pas classé suite à une erreur de la moto ouvreuse qui m’a fait faire demi-tour trop tôt pour la deuxième boucle lorsque j’étais en première position au 45km de vélo.

Le samedi 9 septembre, j’ai pris le départ de l’Half Ironman de Saint Jean de luz. Je suis malheureusement classé comme ABANDON. Cependant, je n’ai rien lâché et j’ai été au bout de cette course en repoussant une fois plus mes limites physiques et surtout mentales.

Après une courte soirée tapas très sympa en Espagne en compagnie de mon cousin, ma cousine, ma tante et mon oncle le réveil sonne à 5h15 du matin, je n’ai rien prévu pour le petit dèj car je n’ai pas eu le temps la veille en débauchant du travail, il fallait que je me dépêche pour aller retirer mon dossard et faire une fois le parcours vélo en voiture afin de repérer les points dangereux du parcours à cause de la météo catastrophique annoncée.

Du coup, je prends deux poignets de corn flakes que je trouve chez mon cousin puis je file en direction du parc à vélo. La météo ne s’est pas trompée, le temps est apocalyptique, des rafales de vent terrible et une pluie battante de 5h du matin jusqu’à 7h30. Difficile de se préparer dans ses conditions. J’ai très froid car je suis trempé et il y a beaucoup de vent alors je décide d’enfiler entièrement ma combinaison néoprène 1h avant pour me réchauffer. J’ai un peu faim mais pas vraiment le temps d’aller à la boulangerie et puis il est trop tard le départ va être donné dans 1h et le parking est rempli. Je ne peux donc pas y aller en voiture et il pleut vraiment trop pour marcher 15’/20’ jusqu’à une boulangerie. Tant pis je mangerai bien sur le vélo et puis on verra bien, au moins je ne serais pas malade pendant la natation.

8h05 top départ, la mer est agitée malgré le fait que l’on nage dans la baie de Saint Jean de Luz. Je prends un départ très rapide, je passe en tête à la sortie d’eau à l’Australienne et lorsque je me retourne j’avais déjà une bonne avance sur le deuxième, coolJ. Je fais toute la natation en tête et je sors avec une belle avance et en étant réchauffé. Le temps semble s’améliorer. Il ne pleut pu tant mieux, par contre la route est détrempée, il va falloir que je sois très prudent. La transition est super longue 500m à courir de la baie jusqu’au parc à vélo. Arrivé au parc mes affaires sont trempées, normal, je fais une transition correcte et tout de suite j’avale deux barres.

C’est parti pour 90km de vélo et 960m de D+ normalement. Je suis très concentré, les ronds-points sont dangereux et glissants, il y a quelques relances avant d’attaquer une longue portion de faux plats montant pour rejoindre la première difficultés du parcours qu’il faudra faire 2 fois, 2,5km à presque 7% de moyenne puis une longue descente très dangereuse vu la quantité d’eau sur la route. Je passe le col, je suis dans le dur mes jambes ont du mal à chauffer, ça pique, mais je ne veux surtout pas regarder ma montre. D’ailleurs, je n’ai pas mis mon cardio aujourd’hui, c’est une course de préparation, je veux donner mon maximum en étant à la sensation je ne veux ni connaître ma vitesse, ni le kilométrage qu’il me reste. Bref, je suis concentré et je suis les deux motos ouvreuses. La classe, être en tête de course depuis plus de 2h ça ne m’arrive pas tous les 4 matins, alors je profiteJ. Je m’approche de la fin de la première boucle, je sais que je dois faire demi-tour au niveau d’un rond-point que j’ai pris à l’aller. Même en ayant repéré le parcours la veille, vu les conditions météo, c’est difficile de reconnaitre car il s’est remis à pleuvoir des fortes averses. A l’approche d’un rond-point la moto ouvreuse s’écarte et s’arrête je demande alors aux bénévoles sur le rond-point si je devais faire demi-tour ici pour la deuxième boucle. Le Bénévole me répond « non, non c’est tout droit » alors je traverse le rond-point puis je me remets sur le prolongateur. Environ 1,5 km plus loin la moto ouvreuse me rattrape et se met à mon niveau pour m’expliquer que j’aurais dû faire demi-tour au rond-point d’avant. Je lui réponds que j’ai demandé et que le bénévole m’a dit « non ». On s’arrête 30 secondes puis la moto m’explique qu’ils se sont trompés et qu’ils ont oublié de mettre le panneau. Elle me demande alors de faire demi-tour. Je fais demi-tour, puis je repasse le rond-point, la moto me fait signe que c’est bon et me fait comprendre que je dois rien lâcher je n’ai pas perdu trop de temps (juste 3km en plus). A peine 1km plus loin, je vois le 2ème puis le 3ème etc… Je me dis alors que si eux fond bien demi-tour au rond-point, ils vont revenir très vite sur moi. Je m’aperçois qu’on est presque au 50ème kilomètre, j’ai bien tenu jusqu’à là. Il faut que je continu même si sa revient fort derrière.

60ème kilomètre toujours personne, bizarre… Je monte une deuxième fois le col, mais là je me sens vraiment bien les cuisses ont surement chauffé. Il se met à pleuvoir des sauts d’eau lorsque j’attaque la deuxième descente, il y a aussi pas mal de voitures. J’ai du mal à me relâcher car j’ai peur de la chute. Cependant, je me sens bien et je récupère encore un peu dans la descente. Me voilà de nouveau sur le plat le vent s’est calmé…Nickel, c’est parti pour un gros finish, j’envoie les watts je continue de manger et de boire pour préparer ma cap.

70km toujours personne qui me reprends. Bon OK, j’envoie les watts mais faut pas déconner je ne suis pas un cycliste il y a un souci… 75km je rentre dans Saint Jean de Luz, punaise ce n’est pas possible il y avait 90km au programme :-/. Cette histoire de rond-point m’a mis dedans j’en suis sûr. Pourtant la moto ouvreuse est toujours devant moi et les motards n’ont pas l’air inquiet.

Je regarde ma montre en descendant du vélo et je vois 2h02, c’est légèrement rapide vu mes capacités pour 90km. Je regarde j’ai presque 78km, il en manque 12, fait chier !! Enfin bon, j’ai tout le dénivelé et 38km/h de moyenne sur presque 80km avec 900 de D+ ce n’est pas dégueulasseJ.

Bon, de toute façon je ne peux rien faire, mais je suis venu là pour me préparer alors j’aimerai faire un beau semi pour me mettre en confiance.

C’est parti, l’ouvreur de la course à pied sur son VTT me demande si je vais bien je lui réponds oui physiquement ça va. Mais je pense qu’il y a un problème, car je ne suis pas cycliste, je n’ai jamais posé le vélo en tête sur un triathlon et encore moins sur Half (enfin ce n’est que mon deuxième). Je lui raconte alors en détail mon vélo, puis je lui dis que de toute façon je viens là pour me préparer et que si il y a eu un problème dans l’aiguillage ce n’est pas grave je serais DNF, mais que j’aimerai quand même faire un beau semi.

Puis je l’entends parler au talkie-walkie, j’entends que je n’ai pas fait toute la première boucle (l’histoire du rond-point) et que je suis considéré comme ABANDON. Aïe, que ce mot me fait mal car je suis en plein effort, que je me bats, et que je donne tout ce que j’ai pour lutter contre le vent qui s’est levé sur la course à pied.

Je termine ma première boucle et je passe une deuxième fois devant le speaker. Je ralenti pour lui expliquer que j’ai toujours suivi la moto ouvreuse, et que si elle s’est trompée en me demandant de faire demi-tour (et que par conséquent je n’ai pas fait toute la boucle), il est normal que je ne sois pas classé. Mais je souhaite finir la course à pied afin de faire une belle course de préparation.

Je sens que tout le monde est sous tension, et on veut même que je m’arrête. Lorsque je passe, les spectateurs ne m’encouragent plus. Certains regards sont jugeurs, et j’entends même des « c’est lui qui a coupé en vélo »… J’ai même entendu un « tricheur ». Là c’est vraiment dur psychologiquement, car je n’ai jamais triché. Ni dans ma vie personnelle, ni dans ma vie professionnelle et encore moins dans ma vie sportive. Je ne fais pas du sport pour gagner mais avant tout pour me dépasser et repousser mes limites.

Je décide d’accélérer pour rattraper le bénévole sur le vélo ouvreur, pour lui réexpliquer que je ne suis pas un tricheur, que j’ai suivi la moto et que si je n’ai pas fait tout le parcours à cause d’une erreur d’aiguillage je m’arrêterai juste avant la ligne. Je ne casserai pas une banderole que je ne mérite pas et je ne monterais jamais sur un podium que je ne mérite pas. J’ai toujours était réglo et franc. Parfois même un peu trop, mes proches pourront facilement en témoigner. Je souhaite seulement finir ma course (classement ou pas classement). Je suis venu ici pour me préparer et prendre du plaisir. Je lui demande d’expliquer ça au talkie-walkie afin d’apaiser les tensions de l’organisation, des arbitres et des spectateurs.

J’essaie de me reconcentrer sur ma course à pied, mes jambes font mal, la tête aussi, je dois faire le vide pour finir ce que j’ai bien commencé. Je pense à mes proches, à Elfie. J’ai hâte de la retrouver et de passer de bons moments avec toute sa famille. Je cours bien, la petite bosse du deuxième tour est dure mais ça passe. Je repasse devant le speaker, et dans la foule, c’est très froid pour ne rien dire de plus, je suis triste…Mais au final, je suis là pour moi, pour me préparer à l’énorme défi qui m’attend le 14 octobre.

Les kilomètres défilent et je continue de pousser pour faire le meilleur chrono possible. L’ouvreur a été arrêté par l’organisation. Il ne doit plus s’occuper d’être devant moi, mais devant le vrai premier, c’est normal. Je le remercie car il a été très gentil, il m’a encouragé à continuer et maintenant je dois finir, il doit me rester 5km dont 3km face au vent.

Je récupère mon dernier chouchou et je reviens vers Saint Jean de Luz. Au 19ème kilomètre, j’arrive devant la ligne d’arrivée, il doit rester une petite boucle à faire, mais je dois m’arrêter pour ne pas arriver à la place du vrai vainqueur… Je suis seul au milieu de tout le monde. J’aimerais que quelqu’un vienne me voir, un arbitre, quelqu’un de l’organisation ou le speaker.  Je suis désolé de ne pas avoir fini cette première boucle, j’aimerai prendre le micro et expliquer ce qu’il s’est passé.

Je coupe ma montre, 1h13’ au 19,5km (3’51’’/km), énorme vu ma fatigue du moment, les conditions météo (le vent), et surtout l’ambiance très particulière.

Je décide d’aller vous voir le speaker du @UrkirolakTriathlon pour lui expliquer, mais je n’ai malheureusement pas bien réussi à m’exprimer. Il m’explique alors qu’il est du milieu et que les deux triathlètes derrière moi qui étaient à 1’ au 45ème kilomètre auraient dû revenir sur moi et rentrer au parc avant moi. J’en suis parfaitement conscient. Je ne suis pas un cador, je débute le triathlon (2ans) et j’étais également parfaitement conscient qu’il y avait un problème sur mon parcours vélo mais je n’ai fait que suivre la moto ouvreuse et obéis lorsqu’elle m’a demandé de faire demi-tour. J’aurais aimé que le Monsieur sur cette moto vienne m’expliquer tout ça. Je sais également parfaitement que je n’ai pas les capacités physiques de battre le record de Mr Jalabert. Je ne suis pas un cycliste, j’ai commencé le vélo il y a seulement 2 ans et demi. J’ai donné le meilleur de moi-même sur les 3 disciplines et j’aurais aimé faire les 12km de vélo qui me manquaient. Ce sera peut-être pour une prochaine fois. Je ne connais pas bien le Pays-Basque non plus, c’est vrai, mais même si je portais la tenue de Corbeil-Essonnes, mon club de triathlon, sachez que nous venons de nous installer dans le Béarn avec ma compagne Elfie Arnaud. Nous ne sommes pas natifs des Pyrénées Atlantique mais votre région est absolument magnifique et nous nous y sentons vraiment bien. Nous avons hâte de découvrir le Pays Basque et le Béarn.

Je tiens quand même à remercier toute l’organisation et les bénévoles car au vu des conditions météo, c’était une course et une organisation très difficile pour les athlètes et pour l’organisation.

Merci de m’avoir laissé courir mon semi-marathon afin que je puisse réaliser une course (presque complète) de préparation.

Un petit mot pour toutes les personnes qui m’encouragent et me suivent au quotidien, MERCI.

Votre soutien et vos encouragements ont énormément compté pour moi aujourd’hui et m’ont permis encore une fois de me dépasser dans des conditions de course très particulières, que je n’avais encore jamais vécu.

Merci également aux quelques personnes qui m’ont encouragé sur la course. J’ai également apprécié échanger avec deux Triathlètes d’Oloron après la course même si c’était court. Je m’en excuse, je n’étais pas très bien, mais j’espère vous revoir très rapidement. L’an prochain nous porterons la même tenue @teamolorontriathlon et j’ai hâte de partager des courses avec vous.

 

A bientôt

tomralite-triathlète.com