Ötillö Race 2016, World Championships of Swimrun.

Seconde participation aux Championnats du Monde de swimrun, l’Ötillö Race, lundi 5 septembre 2016 en Suède. Il faut rallier 26 îles soit un parcours de 75km dont 10km dans la mer baltique aux alentours des 11 degrés et 65km de course à pied en combinaison néoprène avec des portions de trail technique sur des rochers glissant. Le Team Belove (Ralite Tom / Arnaud Elfie) termine une seconde fois L’ÖTILLÖ RACE, en 9h59’30’’,  soit 2h de moins que l’an dernier et entre dans le Top 10 mondial catégorie mixte.

C’est le jeudi 1er septembre 2016 (soit 4 jours avant la course), que nous avons décidé de partir et de vivre une nouvelle fois l’aventure Ötillö race.
Après un mois d’août compliqué à courir entre les examens médicaux,  les problèmes de maison, les coups dur et les incertitudes, nous avons fait le point quelques jours avant le départ et nous avons décidé de nous envoler une nouvelle fois pour la Suède..

Question santé, il n’y avait pas de contre-indication, si ce n’est une fatigue intense et persistante, nous nous sommes alors rapidement décidés.
Nous avons obtenu notre qualification à l’Engadin au mois de juillet, plus de 40 personnes nous ont aidé à financer ce déplacement,  alors nous avons à cœur d’honorer cette qualification pour nous, mais aussi pour toutes les personnes qui nous ont aidé et nous soutiennent…
La place sur la ligne de départ est méritée alors hop c’est parti…

Samedi 3 septembre 2016

Elfie : Direction Stockholm, la capitale de la Scandinavie pour retrouver le binôme « X-bionic » (Laurent et Camille). C’est une très belle rencontre que nous avons fait là, merci au Swimrun de nous faire vivre des moments pareils et de nous permettre de rencontrer des personnes d’exception…

Tom: Je partage le sentiment d’Elfie, quelle chance d’avoir découvert le Swimrun et de pouvoir rencontrer des binômes comme les X-Bionics avec qui nous allons vivre 3 jours inoubliables, dans une ambiance conviviale et hors du commun, bref le Swimrun…

Dimanche 4 Septembre 2016

Elfie : Rendez vous au ferry qui va nous amener sur l’île de Sandhamn, la première des 26 îles que nous devons parcourir.
Petit coup de stress en montant dans le bateau, ça y est nous y sommes, pas de retour possible désormais…
2h de bateau entourés de swimrunners, tous aussi forts les uns que les autres, tous différents mais tous dans le même panier. Nous allons tous prendre le départ demain de la 11ème édition de l’Ötillö race.
L’ambiance du bateau est un peu particulière, on entend parler des appréhensions de chacun, de la peur de l’eau froide, de l’interrogation sur les conditions climatiques, cette ambiance commence à nous mettre dans le bain.
A l’arrivée à Sandhamn, nous profitons du premier câlin avec les deux organisateurs de la course (Matts et Michael). Ils attendent et salut tous les Swimrunners un par un..Ils sont formidables…
On reprend nos marques, on vérifie le matériel,  on récupère nos dossards et on assiste au tant attendu briefing.
Petit repas du soir et vite au dodo car demain une longue journée nous attend…

Tom : Le ferry de l’aller, fidèle à lui même avec une ambiance pesante, le stress est présent chez tout le monde et beaucoup de questions fusent… L’arrivée sur Sandhamn procure toujours autant d’émotions. Voici l’île de départ, le bel hôtel rouge et Matts et Michael qui nous accueillent chaleureusement comme à leur habitude.

Lundi 5 Septembre 2016

 

Elfie : 3h40, on se réveille sans réveil. Comme si le corps savait et était préparé à ce qui l’attend. On dit que le corps a une mémoire, c’est bien la sensation que l’on a ce matin.
Après m’être endormie assez rapidement, les 3 dernières heures ont été un calvaire. Roulée en boule, mon ventre me fait mal, j’ai des nausées, comme la sensation d’un aliment qui n’est pas bien  digéré. Ce matin en me levant j’ai peur. Peur car je me sens mal, fébrile, j’ai mal au ventre et je ne veux pas que la course vire au cauchemar. Je me prépare un petit cocktail « smecta/spasfon/imodium » et je croise les doigts pour que ça passe.
Petit déjeuné, puis on commence à se préparer. On s’enduit de vaseline de la tête aux pieds, on enfile notre combinaison néoprène et tout notre attirail de swimrunners.
Tout est prêt, on met nos sacs dans le ferry, on retrouve certains Frenchys et Eliane, une journaliste française que nous avons rencontré sur le ferry,  et qui va nous suivre tout au long de la course. Elle nous encourage, ce qui nous fait du bien.

 

Tom : Ma nuit a été courte, j’ai bien mis 2 ou 3h à m’endormir alors qu’Elfie c’est endormie instantanément pour une fois, donc je suis content pour elle. Je finis par m’endormir et je me réveille automatiquement à 3h40, 5 min avant le réveil, mon corps et mon esprit sont prêts. C’est incroyable de ressentir une telle sensation d’éveil à 3h40 du matin, c’est vraiment unique et propre au matin de course. Je ne peux pas en dire autant des réveils à 7h30 lorsqu’il faut aller bosser hahaha.

La mauvaise surprise et mon inquiétude concerne Elfie qui n’est pas bien du tout. Je m’inquiète immédiatement pour son état de santé et je lui dis que si elle ne le sent pas on ne prend pas le départ. Elle m’explique ensuite que c’est son ventre et qu’elle n’a pas bien digéré quelque chose la veille, je suis rassuré et presque pas inquiet alors qu’elle a quand même mal au ventre :-/.

J’espère surtout au fond de moi que son mal de ventre va passer et que la situation de l’année dernière ne va pas s’inverser. J’aimerais qu’on prenne plaisir et qu’on aille le plus loin possible.

Je suis déjà fier d’elle et impressionné par sa détermination et son courage après le mois d’août horrible qu’elle vient de vivre. Se présenter sur la ligne de départ d’une des courses les plus dures au monde, il faut le faire alors respect…

 

 

Elfie : Allez c’est l’heure de se placer sur la ligne. Quelques regards furtifs à Laurent et Camille pour se soutenir dans cette épreuve folle.
Avec Tom,  on se regarde, on se parle. On se rappelle qu’on est contents d’être là, sur la ligne de départ et on pense à toutes les personnes qui nous ont aidé.  C’est grâce à elles, grâce à vous que nous sommes là, nous avons beaucoup de chance.
Allez c’est parti, le départ est donné à 6h du matin, et les 120 binômes s’élancent à la conquête de l’archipel suédois…

 

Tom : 5h45, il est temps de se placer sur la ligne, on encourage une dernière fois Laurent et Camille (Team X-Bionics) j’ai tellement envie qu’ils terminent la course ces deux là 😉 premier Swimrun pour eux et pas n’importe lequel Ötillö Race, la Mecque du Swimrun, le mythe, et tout simplement les Championnats du Monde.

« Five minutes to go » announce Matts…

Je regarde une dernière fois Elfie, je suis confiant on ira jusqu’où on ira, chaque île franchie est une victoire…

C’est dans un état d’esprit « libéré » et un calme intérieur qui ne me ressemble pas que je me lance avec Elfie à l’assaut de l’Ötillö Race.

 

Elfie : Nous partons bien, le but étant de bien se placer dans ces 2km de course pour pouvoir nager avec un bon groupe de nageurs pour cette portion de 1800m de natation. Juste avant d’entrer dans l’eau, la cordelette qui tenait le pull-boy de Tom à la ceinture se détache. Mince, il va devoir serrer les jambes en nageant et faire attention de ne pas le perdre. Mais pas le temps de dire tout ça, on est déjà dans l’eau, prêts à faire la première grande traversée.

 

Tom : Premier Run on se place, première mise à l’eau la cordelette qui relie mon pull boy à ma ceinture lâche, aucune panique m’envahit, je sais que je vais devoir faire attention de ne pas le perdre dans la première nat et je prendrais le temps de le raccrocher sur le 2eme run. Je suis vraiment calme et serein, incroyable…

 

Elfie : L’eau est froide, ça saisit, mais ça on s’y attendait. Allez, je suis la corde devant moi. Pas simple car certains swimrunners ne nagent pas très droit et passent entre nous. Et avec le courant la corde se décale un peu sur le côté ce qui me gêne pour nager. Mais allez je m’applique, c’est la natation la plus longue.
Allez première sortie d’eau, ouf car je commence à grelotter.

 

Tom : Premier swim, je suis idéalement placé dans les pieds entre deux gros paquets de Swimrunners, on se fait un peu bouger par le courant mais ça va. Je bois pas mal la tasse par contre et il va falloir que je fasse attention car l’eau salée, ça va un peu mais pas trop quand même, je préfère la bière :). Et puis cette année j’ai bien l’intention de la savourer la bière Ötillö de l’arrivée, j’ai envie de savourer toute la course et j’ai pris toute les précautions:

Cette année, pas d’Immodium et je prends assez de ravitaillement dans ma combi pour faire la course en autonomie si les ravitaillements ne me tentent pas, soit 5 gels, 8 barres énergétiques et 2 grandes pâtes de fruits. Je règle correctement ma ceinture et je préviens mon ventre de rester tranquille, et de ne pas faire des siennes :).

 

Elfie : La sortie d’eau est technique, les rochers sont glissants il faut faire attention.
On va à notre rythme, enfin plutôt se cale à mon rythme de grand-mère. Mais, mieux vaut être prudent que de se fracasser sur les rochers.
Les suédois nous doublent avec une aisance folle, ils sont très à l’aise sur les rochers.
Hop, pas le temps de souffler qu’il faut déjà remettre à l’eau. Quelques transitions plus tard nous voici au premier ravitaillement avec 2 autres binômes mixtes. Ça fait du bien de s’hydrater et de manger un morceau après déjà 2h de course.
Les parties de course à pied étaient très techniques, ça demandait beaucoup d’attention. Je me sens fébrile sur les jambes, mon ventre me fait toujours mal mais pour l’instant pas d’urgence. Après le ravitaillement, c’est de la route, ouf, ça me permet de me refaire un peu la cerise et d’utiliser moins d’énergie en courant que lors des passages techniques.

 

Tom : Les premières îles sont extrêmement techniques, on le savait et on prend notre temps afin de ne pas faire de mauvaise chute. Cette année nous sommes restés encordés en Cap sur les portions techniques, ce n’était pas calculé mais le choix c’est fait naturellement. Je ne cherche pas à tracter Elfie, ni à la faire accélérer dans ses portions techniques où je sais qu’elle a plus de difficultés. C’est incroyable comme on se connaît bien, j’arrive à prendre un rythme, le sien pour qu’elle soit à l’aise dans ses portions techniques. Je pense que la corde l’aide à avancer et je me concentre pour choisir les passages les moins difficiles quitte à contourner certains rochers. Nous sommes centrés sur nous même et notre binôme avance bien. On est dans notre rythme, plus besoin de se parler on n’est pas seulement encordés mais bien connectés…

 

Sur la 3eme ou 4eme île, j’entends chuter lourdement derrière mais la corde ne se tend pas donc je ne m’inquiète pas. Cependant je me retourne dans le doute et là je vois Elfie qui se relève. Merde c’est Elfie qui est tombée,  heureusement elle me dit tout de suite que tout va bien le Pull Boy a amorti sa chute. Je lui demande si le rythme lui convient et elle me dit oui oui, mon pied à seulement glissé alors on repart.

Je l’a sens un peu perdue mais très concentrée. Faut dire que cette année l’eau est plus froide, moins agitée mais plus froide et il faut bien gérer les transitions Nat / Course surtout lorsque la course est très technique.

Nous passons la portion de 4,4km qui est roulante ça nous permet de souffler un peu. Les transitions et les îles s’enchainent… Nous arrivons sur la première longue portion de Cap 8,3km, les chemins sont très sympa, et je profite comme l’année dernière des paysages magnifiques de l’archipel suédois. Nous courrons côte à côte comme à notre habitude avec Elfie. Je l’a sens mieux que sur les petites îles technique.

Elfie : Deux transitions plus tard, nous voici sur une île où nous devons courir 2,7km. Sauf que cette île est très technique. A cause de la tempête qu’il y a eu cet été, il y a des arbres couchés sur le chemin, il faut passer dans des trous de souris, escalader… Cette portion est usante. Avec Tom on a hâte de se remettre à l’eau et de quitter cette île.
On longe le bord de l’île, en marchant à moitié dans l’eau et dans les rochers.
Les rochers sont glissants il faut faire attention. En marchant dans l’eau tom, se prend un rocher, il n’a pas le temps de me prévenir que « boum », mon tibia heurte un rocher qui est sous l’eau et que je n’avais pas vu. Quelques jurons de douleurs plus tard, on se jette vite à l’eau pour parcourir les 1000m qui nous sépare de la prochaine île.
L’avantage de l’eau froide c’est qu’au moins en nageant, ça me fait de la cryothérapie sur le point douloureux…

Tom : Cette île de 2,7 km est un cauchemar, je commence à sentir de la fatigue, non pas musculaire mais attentionnelle. J’ai du mal à rester concentré pour choisir le meilleur chemin (le moins difficile) et surveiller en même temps les rubalises pour ne pas qu’on se perdre. Je fais tout de suite part de cette fatigue à Elfie qui nous sauve la mise 2/3 fois en m’aidant à nous orienter. « Tom à gauche, à droite la rubalise que je venais de louper » ouf on fini par longer le bord de l’île juste avant de se remettre à l’eau pour 1000m de Natation, j’ai hâte ! Mais là je glisse, c’est une vrai patinoire ces rochers,  je n’ai pas le temps de prévenir Elfie du danger,  elle chute pour la seconde fois et se fait mal au Tibia juste en dessous du genou.  Heureusement on plonge vite dans l’eau froide j’espère que ça lui fera du bien…

Elfie : A la sortie du 1000m,  je dis à tom que ça y est sur ma plaquette on passe sur la partie 2 (il y a 3 parties), on continue tranquille à notre rythme.
Sur la portion de 8,4 km on trouve notre rythme, on est bien. On se fait doubler par quelques binômes mixtes.
Là je dis à tom « pfff on est vraiment nuls en course à pied »…Tom qui devait penser la même chose que moi regarde sa montre et me dit alors que non, les autres binômes sont très forts en course à pied et que nous, nous sommes déjà à une allure bien plus élevée de notre rythme habituel (20 » en dessous).
Ok d’accord mais ça fout les boules quand même.

Tom : Je trouve qu’on avance bien alors je suis surpris quand Elfie pense qu’on est nuls en Cap, du coup je jette un coups d’œil sur la montre, sur le petit écran que je n’aime pas regarder qui nous donne notre vitesse instantanée. Je n’aime pas regarder cet écran car il n’a pas de sens en swimrun avec les portions de Nat et les portions de Cap très techniques, la vitesse de progression n’a aucun sens et puis il ne faut pas oublier qu’on court en combinaison néoprène et avec des chaussures mouillés. Bref, on peut facilement rajouter 4 /5 kilos à notre poids en tenue de cap « normale ». Mais à ce moment là, notre vitesse était plus que correcte, je lis 4’40’’ /km, soit 13km/h. Je souris en regardant Elfie et je lui dis on est peut être nul mais on peut ralentir de 20sec par Kilo si on veut être dans notre allure de l’an dernier ;). Je lui dis alors qu’on n’est pas nuls, seulement moins fort que les binômes qui nous doublent mais la course est encore longue ;).

Elfie : A la moitié du 8,4 km, on arrive à un gros ravitaillement. Pour ceux qui souhaitent, les saucisses toutes chaudes sont là…
Heuuu non merci. Pour moi, mon ventre me dit eau et bananes…On échange quelques mots avec Eliane (notre reportrice d’enfer), qui est super contente de nous voir ici.
Michael Lemmel, l’organisateur de la course est là aussi. Il me parle, me demande si ça va et nous dit qu’il nous attend à l’arrivée pour un câlin…Tom plaisante un peu avec eux, et moi j’ai les larmes aux yeux… Vite il faut qu’on parte, pour ne pas que je me mette à pleurer devant tout le monde. On repart en leur disant « à tout à l’heure » et 2-3 petites larmes s’échappent de mes yeux…
Je dis à Tom que ce ravitaillement, quelque soit l’année, me procure bien trop d’émotions… L’an dernier les parents de Tom étaient là pour nous soutenir et cela m’avait fait le même effet. Ça fait du bien de voir des têtes connues, qui nous encourage,  et le regard déterminé et fier de Michael m’a fait craquer.
Je garde cette image avec moi,  ces encouragements nous donne de la force pour la suite… allez on va y arriver…On est venus pour prendre le départ,  et maintenant je veux finir une deuxième fois. On a passé un mois d’août de galère avec Tom, alors là,  on est chanceux d’être ici et on ira coûte que coûte franchir une deuxième fois la ligne d’arrivée…

Tom : Un Ravitaillement fort en émotion, bien évidemment, j’ai une grosse pensée pour mes parents et mon frère qui était à cet endroit la première fois qu’on les avaient vu l’an dernier. Je reste cependant concentré pour remplir les flasques souples, mais je profite aussi du moment pour plaisanter un peu après tout, ça doit bien faire 4 ou 5h qu’on court, et qu’on nage alors place à un peu de détente. Les ravitaillements sont nos pauses, c’est super de voir du monde et on se nourrit de leurs encouragementsJ.

Elfie : La course se passe, les îles s’enchaînent jusqu’à la fameuse natation de 1,4 km appelée « pig swim ».
On lève les yeux, ouch, l’autre île semble bien loin. Mais allez on ne réfléchit pas trop, surtout pas au phoque croisé l’an dernier. On met les lunettes et c’est parti…
On saute dans l’eau et on commence à nager. L’eau est froide, il y a du courant et un peu de houle. Moins que l’année dernière mais on se fait quand même bouger…
On arrive à rattraper un petit groupe de swimrunner et à dépasser le binôme femme qui va venir se caler dans mes pieds jusqu’à la fin… C’est embêtant, mais en même temps rassurant de savoir qu’on est plusieurs binômes dans cette longue portion.
Mon pull boy glisse le long de ma jambe, je serre donc, pour ne pas qu’il descende plus. Mais au bout d’un moment je sens que la Crampe à l’adducteur arrive… Il faut que je m’arrête car si j’ai une Crampe ici je vais couler à pic. Je ralentis et essaie de le remettre mais je n’y arrive pas bien. Je m’arrête donc d’un coup, ce qui surprend Tom qui ne comprend pas ce qui se passe et n’a qu’une hâte c’est d’arriver sur la terre ferme. On continue jusqu’au bout et je suis congelée, mes jambes et mon corps grelottent… Mais je sais que l’arrivée est proche ça va le faire.
La sortie d’eau est difficile, ça glisse il faut se concentrer. Je claque des dents mais il faut avancer. Tom a froid aussi mais on ne s’arrête pas, on continue. Au passage on me tend une barre de Twix, hummm un peu de chocolat ça passe très bien  là :).

Tom : Le PIG SWIM !!! Fidèle à sa réputation, impressionnant lorsqu’on arrive dessus, la mise à l’eau est périlleuse et ce swim est juste un enfer, l’eau est froide, il y a du courant et de la houle et pourtant c’est calme contrairement à l’année dernière mais comme dit Elfie on se fait bouger. J’ai du mal à m’orienter contrairement à tous les autres swim car il y a de la houle et la mire est loin très loin. C’est bizarre lorsque je me mets à l’eau je me dis Ötillö commence ici et quand on y repense c’est un peu vrai, la plus grosse difficulté en Nat c’est le pig swim, ensuite on est gelés, on doit enchainer quelques îles techniques avant de s’avaler presque un semi marathon en combinaison. Alors, on peut dire que les 5 premières heures c’est l’échauffement lol. Le Pig Swim me fait mal, très mal je sens la corde qui tire surement à cause du courant et de la houle. Je sais que je dois faire l’effort maintenant sur les bras car il fait très froid et on ne doit pas rester longtemps dans l’eau. J’appuis et j’ai de plus en plus mal au coude droit. C’est vraiment dur et lorsque je sens Elfie s’arrêter, j’avoue être énervé, j’en peux plus on y est presque il reste 200 mètres, faut sortir de ce froid et de cet enfer. La sortie d’eau est terrible, sa glisse, les muscles sont tétanisés par le froid et ne répondent pas, la tête tourne et on a du mal à parler. On tremble, mais il faut se redresser et courir pour se réchauffer, j’en oublie même le twix cette année pas grave, j’ai besoin de bouger et retrouver des sensations dans mon corps gelé.  Elfie : Moi, quand il s’agit de chocolat, je n’oublie jamais !!!!!!

Elfie : On continue quelques transitions en se réchauffant doucement.
Le soleil vient de se montrer, c’est un sacré atout. On sent les rayons qui nous réchauffe c’est très agréable.  3  portions de course/natation plus tard, je dis à Tom que l’on vient de passer sur la partie 3 qui est sur la seconde plaquette.
Il me demande si la partie 3 est longue. Je compte 9 courses à pied et 8 natations, mais bon autant ne pas le démoraliser, je lui répond juste « non non, ça dépend… »
Il n’en saura pas plus, pas besoin,  on avance et puis c’est tout.

Tom : Elfie a raison de ne pas m’en dire plus à ce moment. Je ne cherche pas à en savoir plus et je ne regarde même pas mes plaquettes sur lesquelles j’ai inscrit toutes les distances. Il faut juste avancer, pour le moment je  suis toujours bien mais légèrement inquiet pour mon coude. J’ai énormément forcé dans le Pig swim et j’appréhende les prochains swims…

Elfie : Il reste encore une longue portion de natation (970m), qui elle a été longue et périlleuse. Tom a mal au coude, il a froid, on a froid… On nage moins vite sur cette portion, je sens que Tom s’épuise mais je ne sais pas comment l’aider.  Je ralentis juste pour ne pas taper dans ses chaussures. On va y aller doucement  mais sûrement. On s’accroche, après ça il ne restera que des petites portions de natation…
A la sortie de l’eau, on n’a que 200 m de course à pied avant de replonger. On a froid mais ça va, on se parle. On a passé le plus dur en natation.

Tom : Les 1000m les plus durs de ma vie… un calvaire… les 400 premiers mètres nickel, mon coude fait mal mais c’est acceptable… les 600 derniers mètre ne ressemble plus à rien. Je ne nage pas, je fais juste en sorte de ne pas me noyer lol. Non plus sérieusement je ne peux plus appuyer sur la paddle droite et mon bras gauche s’épuise à force de compenser. Bref je nage sur un bras et j’hésite à retirer mes plaquettes en plein swim, je n’ai plus de fréquence je peux plus tirer d’eau bras droit. Les 200 derniers mètres sont une horreur, je ne pensais pas craquer en Nat mais enfin bon, je reste positif c’est la dernière grosse portion et mon coude tiendra sans problème les portions inférieures à 400m. Örno approche… je suis stressé mais comme un dingue, interdiction de craquer j’ai une revanche à prendre et Orno n’aura pas ma peau hihihihi.

Elfie : On arrive près d’un ponton. Il y a 300m de natation avant d’attaquer les 20km de course à pied sur l’île d’Ornö. On s’équipe, on se regarde et on décide de sauter ensemble…
1,2,3 plouf… Sauf qu’arrivés dans l’eau on se retrouve tractés en arrière. Tom se retourne croyant que je n’avais pas sauté… Il me voit donc dans l’eau et on sent un petit bug de sa part. Je me retourne aussi et me rend compte qu’il y un petit anneau sur le ponton… On a sauté chacun d’un côté et la corde s’est mise de chaque côté de l’anneau, ce qui fait qu’on est bloqués, accrochés au ponton.
Discrètement, je vais décrocher la corde et je me remets dans l’eau… J’éclate de rire en revoyant la situation et on continue à nager. Tom ne rigole pas, mais je pense qu’il n’a pas bien compris ce qu’il se passait.
Arrivés sur Ornö, on prend le temps d’enlever notre haut de combinaison, car 20km c’est long et chaud. Puis pendant les quelques premiers km on rigole en repensant au ponton…
On regrette que ça n’ai pas été filmé, car oui c’est la honte mais alors qu’est ce que nous avons ri…

Tom : Une mise à l’eau de champion… en effet sur le coup, je n’ai pas tout compris mais j’ai repassé la scène dans ma tête durant les 300m et je ne pouvais pas m’empêcher de rigoler en nous revoyant tout les deux accrochés au ponton… J’imagine même un ponton un peu plus haut ou on serait restés pendus tous les deux juste au-dessus de l’eau hahaha. La Team Belove à l’arrêt, pendu à un ponton au dessus de l’eau… J. Bref une bonne tranche de rire ça fait du bien…

Elfie : Le début de l’île est sur des petits chemins en forêt,  c’est super joli, on passe sur des petits ponts en bois, certains villageois nous encouragent. Mon ventre ne me fait plus mal, je reste tout de même vigilante et ne craquerai pas sur les bonbons et les gâteaux à la cannelle des ravitos, sniff!!
On prend un rythme qui nous va bien. On échange un peu mais pas tellement, on se connaît. On marche pendant les côtes et on court sur le plat.
Tom est bien, il est en train de prendre une revanche sur cette île qui avait été un calvaire l’an dernier.  D’ailleurs son ventre s’en souvient encore et nous le fait savoir…
Tom commence à dégazer tranquillement… Mais ça ne s’arrête pas.
Mieux vaut que ça sorte me dit-il… Je suis tout à fait d’accord avec lui, mais je me demande comment c’est possible de dégazer autant… Nous continuons donc à courir tranquillement en rythme et en « musique » ce qui nous fait extrêmement rire…

Tom : Que dire de plus… C’était gênant mais bon le corps a une mémoire et mon ventre se lâche… sinon je suis bien, je ne m’emballe pas pour autant, je préfère laisser Elfie imprimer le rythme car je sais qu’elle est très régulière et puis pas la peine de se mettre dans le rouge. On ne se parle presque pas, on est concentrés, on prend plaisir en silence ou presque mon ventre ne s’arrête pas… ;). Une voiture avec une caméra embarquée est juste devant nous, je ne sais pas si c’est le live mais à ce moment là je pense à vous tous. Vous nous avez aidés et vous nous soutenez à chacune de nos courses et ça nous donne de la force. D’ailleurs, on n’hésite pas à relancer tout en restant prudent et en marchant lorsque ça monte trop pour ne pas se cramer les cuisses. On a un super rythme et si on continue comme ça on va aller au bout…

Elfie : A mi chemin, on se ravitaille bien et on continue notre route. On ne croise pas beaucoup de binômes, on remonte quelques binômes hommes sur la fin et on se fait doubler par un mixte. Je m’en fou un peu moi, je ne pense qu’à une chose c’est finir…Je dis à Tom qu’à l’arrivée si un binôme est près de nous on s’en fou…On a envie de profiter de cette arrivée.
Je pense à tout ça calmement et ça me donne les larmes aux yeux, encore…

Tom : Mi-parcours d’Orno, on me propose du Coca comme l’an dernier et je réponds avec un grand sourire « just water please ». On me propose du Magnésium mais je refuse je ne prendrais que de l’eau et 3 ou 4 bonbons pour le plaisir, il reste 9km sur Orno et je veux finir bien. On repart rapidement et on reprend notre rythme, il fait chaud et malgré qu’on est enlevés les manches de la combinaison je m’asperge d’eau pour refroidir la machine, pas question de faire un coup de chaud, pas question d’avoir le moindre problème. J’accepte seulement la fatigue musculaire, qui d’ailleurs commence à se faire sentir dans les cuisses. Il faut dire que la combinaison même coupée au dessus du genou comprime les cuisses. On avance bien, je me sens vraiment bien, et la fin de l’île d’Orno approche. Je demande à Elfie de réduire juste un peu le rythme pour qu’on se rééquipe et surtout pour relâcher les jambes avant de rentrer à nouveau dans l’eau à 11 degrés après 1h48min de course a pied où les cuisses ont chauffé dans la combinaison.

Elfie : A la fin des 20km on s’équipe et on replonge. Il reste 10 transitions mais des petites. On se fait doubler un peu par des mixtes. Les parties course à pied sont très techniques ici et il est difficile de courir. Les suédois nous doublent avec cette aisance folle qui me laisse perplexe.
Allez on continue. Puis on arrive à la dernière natation. On décide cette année de ne pas descendre jusqu’en bas mais de profiter et de sauter… Quel bonheur, c’est la dernière natation, on va y arriver. On nage bien, relâchés, au milieu des méduses qui nous ont accompagné sur la plupart des portions de natation.

Tom : On enchaine les dernières transitions à notre rythme, pas de stress l’important est avant tout de finir et de ne pas tomber et se faire très mal si proche du but. C’est vrai qu’on se fait reprendre par 3 binômes mixtes. On a été au coude à coude toute la course entre la 4ème place et la 11ème, le niveau cette année est très dense, même si le podium est imprenable. On n’était pas sûrs de prendre le départ il a une semaine, on n’était pas sûrs de finir il y a même pas 10h. Et là, on touche au but alors accélérer et prendre des risques pour finir 7 au lieu de 10 ou 11 ça ne vaut pas le coup, autant profiter ensemble et rester dans notre course.

Elfie : En arrivant sur la terre ferme, il ne nous reste plus que 3,3 km.  On prend le temps en marchant d’enlever le haut de combinaison et on se remet à courir à une allure soutenue.  On se parle, on profite de ce moment et de cette course à pied.
Michael prépare toi, le câlin est proche on arrive…

Tom : J’ai demandé à Elfie après la dernière Nat qu’on se déséquipe (qu’on enlève le haut de combinaison) pour être à l’aise et profiter a fond du dernier Run et de l’arrivée dont j’ai uniquement de vague souvenir vu mon état l’an dernier. C’est donc ce qu’on fait et lorsque j’enlève le haut de ma combinaison je touche sans faire exprès un bouton de ma montre qui me donne le Chrono total et je lis très rapidement 9h44’30’’. Je ne réalise absolument pas et puis je réfléchi quand même rapidement sans rien dire à Elfie et je me dis moins de 10h, impossible de toute façon il reste 3,3km de cap en 15min faut courir a plus de 12km/h après 9h44min d’effort c’est compliqué alors j’oublie tout ça et je cours. Je me suis jamais senti aussi bien sur une fin de course on a une super foulée avec Elfie et le méga Smile. C’est trop bon PUTAIN, on va le faire c’est juste dingue !!! Vous vous rendez compte, il faut arriver sur UTÖ pour réaliser, et cette dernière cap vaut toutes les cap du monde. A ce moment là, on ne sent plus rien, seulement du bonheur, de la joie et on partage ça à deux alors, forcement il y a tellement d’émotions, c’est incroyable… Et on continue de courir comme des dingues, on a tellement hâte de passer cette ligne et de se prendre dans les bras et aussi d’avoir le Câlin de Mickael qui nous attends sur la ligne d’arrivée.

Elfie : Juste avant la dernière montée, un bénévole nous encourage et nous dit de nous dépêcher pour être sous les 10h… Je n’en reviens pas de ce que j’entends, sous les 10h? Impossible. On ne regarde jamais le temps avec Tom mais là on accélère, on met tout ce qu’on peut…

Tom : Au moment où ce bénévole nous dit ça, je n’y crois pas je repense alors au chrono que j’avais vu en sortant de la dernière Natation et je me dis qu’on a tellement bien couru, qu’on va le faire c’est impensable. Pas besoin de se parler, on accélère en même temps, je prends la main d’Elfie et on monte la dernière côte juste avant la ligne en moins de deux…

Elfie : Arrivés en haut de la côte, on est à 15m de la ligne et on voit 9h59″20…
Toujours sans rien se dire on s’arrête, on lève les bras, et on marche jusqu’à la ligne. On en profite à fond. Je n’en reviens pas…
On a fini une seconde fois L’ÖTILLÖ RACE, en 9h59’30’’,  soit 2h de moins que l’an dernier… C’est incroyable.
Je prends Tom dans mes bras, je l’embrasse très fort…C’est si bon.
On va ensuite se caler dans les bras chaleureux de Michael qui nous félicite et nous remercie d’être venus…
Je suis fatiguée mais émue. Je ne sais pas trop quoi dire, quoi faire, je manque de mots.
Il y a 4 jours on ne savait toujours pas si on venait et là on termine une 2ème fois cette course mythique. C’est très fort pour moi, et pour nous…
Nous retrouvons Eliane qui nous félicite, elle est super contente et ça fait chaud au cœur.
Tom donne ses impressions  et moi j’écoute. Les mots me manquent, je n’en reviens pas d’être là…
Je suis fatiguée, j’ai froid, mon genou me fait mal mais je suis heureuse, on est heureux…
Tout ça en valait la peine, vraiment…

Tom : J’ai pris un plaisir incroyable tout au long de cette course, j’ai savouré chaque seconde (même si j’en ai bien chié pendant 1000m en Nat). Je suis très ému et j’ai du mal à réaliser ce qu’on a fait mais on le mérite. On c’est beaucoup entrainés, On s’est battus jusqu’au bout… Vous êtes plus de 50 à nous avoir aidé financièrement pour qu’on puisse revivre cette aventure, on ne vous remerciera jamais assez mais ce finish et ce chrono c’est aussi le votre, vous nous avez vraiment porté MERCI…

Elfie : Merci à Tom, mon partenaire, mon binôme,  mon amoureux et mon pilier qui a géré comme un chef cette journée de dingue. Je suis tellement heureuse qu’on ai pu revivre ça ensemble.

Tom : Merci à toi, tu as été d’une force et d’un courage incroyable, je suis très fier de toi et de nous. J’ai beaucoup appris à tes côtés depuis deux ans pendant les entrainements qu’on a partagé et pendant les Swimrun longue distance qu’on a fait. Si aujourd’hui je suis capable de finir une course comme ça c’est grâce à toi… Merci pour tout et encore bravo pour ta détermination et ton courage.

Nous deux J :

Merci à nos familles qui nous aident quotidiennement.  Elles, qui sont là pour nous dans les bons, comme les mauvais moments. Vous êtes notre force. On vous aime très fort.

Merci aux personnes qui nous ont aidé à financer ce projet sportif. Vous avez été nombreux, et c’est grâce à vous que nous pouvons réaliser nos rêves.  Merci.

Merci à Eliane, notre super reportrice qui a fait plus que son travail. Elle a été  un réconfort et un soutien essentiel dans cette course.

Merci à nos amis swimrunners avec qui nous avons partagé ce difficile mais délicieux moment. On a pu faire encore de supers rencontres et on vous remercie pour ça.
Particulièrement Laurent et Camille, nos partenaires de chambre.  Morgan que l’on a rencontré avec son frère en Belgique (notre premier swimrun) et Julien son partenaire pour Ötillö 2016.

On espère vous revoir très vite.

Merci aux organisateurs de cette course qui nous font vivre des moments d’exception. Sans eux rien ne serait possible. Alors merci pour tout.

 

Team Belove

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *